Mai 25, 2023 | Non classifié(e)
Près d’un mois et demi après les inondations qui ont frappé les régions des Marches et de l’Émilie-Romagne (Italie), voici le récit de l’expérience personnelle de Maria Chiara Campodoni, focolarine mariée, enseignante et ancienne conseillère municipale de la commune de Faenza, fortement touchée par cette catastrophe. Les inondations qui ont frappé les Marches et l’Émilie-Romagne (Italie) il y a environ un mois et demi ont causé la perte de 15 vies, le déplacement de milliers de personnes et le débordement de pas moins de 23 rivières. À ce jour une centaine de municipalités ont été inondées. De nombreux glissements de terrain ont affecté les petits producteurs, des dizaines de kilomètres carrés de terres agricoles et d’élevages ont été détruits par la puissance de l’eau, ainsi que des ponts et des routes. Les aides collectées par la Coordination d’urgence du mouvement des Focolari, AMU et AFN s’élèvent actuellement à 182 000 euros. En collaboration avec l’APS Emilia-Romagna, un Comité local d’urgence a été mis en place et a identifié certaines zones d’intervention : Cesena ; Sarsina ; Faenza ; Castel Bolognese ; Ravenne. Les besoins de la population touchée sont en train d’être recueillis, principalement par le biais de relations personnelles et en remplissant des formulaires dans lesquels chaque personne déclare les dommages subis et sa demande.
Parmi les nombreuses personnes touchées, Maria Chiara Campodoni, focolarine mariée, enseignante, conseillère aux sports de 2010 à 2015 et présidente du conseil municipal de Faenza de 2015 à 2020, nous raconte le drame qui a été vécu, mais aussi l’espoir nécessaire pour pouvoir aller de l’avant. Maria Chiara, comment avez-vous vécu ce moment ? Il y a eu deux inondations à Faenza. Chez nous, l’eau est entrée pour la première fois le 2 mai à hauteur de 30 cm. C’était l’après-midi, il faisait jour, et j’étais à la maison avec un de nos enfants. Nous avons d’abord vécu cela presque comme une “aventure”, mais ce soir-là, j’ai préféré que mon mari, qui était sorti pour récupérer nos deux autres enfants après des activités sportives, ne rentre pas, parce qu’il y avait beaucoup plus d’eau à l’extérieur qu’à l’intérieur et que nous n’avons que des portes-fenêtres au rez-de-chaussée. Leur ouvrir aurait signifié laisser entrer beaucoup plus d’eau. Ils sont donc allés dormir chez leurs grands-parents et nous avons essayé de monter quelques affaires à l’étage, nous avons dîné dans les chambres et nous sommes allés nous coucher. Les pompiers qui étaient passés nous ont également rassurés en nous disant que la situation ne s’aggraverait pas. Le lendemain, le niveau d’eau entre l’intérieur et l’extérieur était le même et, en accord avec mon mari, nous avons décidé de quitter les lieux. Lorsque, 15 jours plus tard, on a commencé à conseiller aux gens d’évacuer les rez-de-chaussée parce que l’inondation allait se reproduire, toute la ville s’est mise en alerte et a compris qu’elle devait se mobiliser parce qu’il s’agissait d’un événement d’une plus grande ampleur. Et que s’est-il passé la deuxième fois ? Cette deuxième inondation, qui nous a obligés à partir, s’est produite dans la soirée. Vers 20 h 30, la digue s’est rompue juste au-dessus de notre maison. Jusque-là, équipés d’une pompe à l’intérieur de la maison, nous n’étions pas sortis convaincus que nous pouvions contrôler le débit des pompes, maintenir l’eau à un niveau bas, avec en plus l’aide de sacs de sable. Au lieu de cela, en l’espace de 20 minutes, l’eau a atteint le premier étage, atteignant 3m en un rien de temps, et c’est là que nous nous sommes retrouvés piégés. Nous avons appelé les secours, qui ont immédiatement répondu en disant qu’ils allaient arriver, mais entre-temps, dans l’après-midi, la rivière Savio avait déjà débordé à Cesena, de sorte que la protection civile et les pompiers, qui, encore la veille se trouvaient tous à Faenza, étaient déjà un peu plus dispersés dans les différents secteurs. De plus, dans ma rue, le courant était si fort que les véhicules à moteur n’ont pu entrer qu’à quatre heures du matin et nous n’aurions pas pu tenir jusque-là. Les pompiers nous ont dit d’aller sur les toits, mais nous n’avons pas de lucarne, donc il fallait passer par l’extérieur, à la nage. La situation était vraiment dangereuse. À un moment donné, un cousin de mon mari, ayant appris par les réseaux sociaux que la rivière était sortie de son lit juste à côté de notre maison, l’a appelé pour lui demander si nous étions déjà sortis. Il a compris au ton de sa voix que nous étions en danger et comme c’est un athlète, (il faisait du surf depuis tout jeune), il a enfilé sa combinaison, a attrapé sa planche et a sauté dans le courant. Il a nagé jusqu’à notre maison en poussant son surf, nous a chargés un à un et transportés sains et saufs jusqu’aux remparts de la ville, à 500 mètres de chez nous. Qu’avez-vous vu une fois dehors ? Une fois dans le courant, le cadre changeait complètement. L’eau dépassait déjà les panneaux de signalisation, de sorte que l’on ne savait plus si on se trouvait dans la rue ou dans le jardin d’une maison. Nous avons franchi des portails, des garages, et nous étions si haut qu’à un moment donné, notre cousin m’a demandé de m’agripper à ce qui ressemblait à un buisson, mais qui était en fait, maintenant que je le vois, un arbre. J’ai été la dernière à être sauvée. Trempés, nous avons été accueillis dans la maison d’une dame qui nous connaissait. Elle nous a fait changer d’habits dans sa salle de bain, nous a donné des vêtements propres car le froid était terrible cette nuit-là et il pleuvait. Nous nous sommes réchauffés et avons fait 6 km jusqu’à la ville où vit ma belle-mère. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons été parmi les premiers à sortir. Surtout, nous n’avons pas vécu ce que beaucoup de gens nous ont raconté plus tard, une véritable nuit de terreur dans la ville. Les enfants ont-ils pris conscience du danger ? Oui. J’ai trois enfants de 10, 8 et 6 ans. À un moment donné, le plus jeune n’arrêtait pas de courir dans les escaliers parce qu’on voyait l’eau monter petit à petit et il m’a dit : « Il manque cinq marches, quatre marches. Allons sur la terrasse, il faut qu’on s’échappe » et nous avons dit : « Restons à la fenêtre, parce qu’il pleut dehors. Les secours vont arriver. » Bref, ils ont compris et ont dû lentement métaboliser, surtout l’aîné. Au bout d’une heure, nous avons craint de ne pas y arriver. Une fois chez leur grand-mère, ils étaient plus calmes, même si en arrivant ils ont commencé à se rendre compte que nous avions tout perdu. Ils m’ont dit : « Maman, mais on n’a plus nos cartables, nos livres, et maintenant ? » Je leur ai expliqué que beaucoup de personnes nous aideraient. Et c’est ce qui est arrivé. Comment se sont passés les premiers jours ? Où avez-vous trouvé refuge ? Nous sommes restés chez ma belle-mère pendant quelques jours, car nous ne pouvions pas nous déplacer dans la ville. Puis, plus tard, nous avons été accueillis par la tante d’un ami de mon fils qui vit à l’étranger et qui nous a prêté sa petite maison au centre de la ville pendant un mois, à 10 minutes à pied de notre domicile, pour que nous puissions commencer à déblayer à la pelle. Nous étions à l’étroit, mais c’était vraiment un grand cadeau et j’en ai encore eu plus conscience par la suite, lorsque j’ai commencé à entendre les histoires des autres. Ensuite, des bénévoles ont commencé à arriver dans toute la ville. Je dois dire que chez nous, en partie grâce au mouvement des Focolari et en partie grâce aux nombreuses relations de mon mari, des amis sont toujours venus : de Parme, de Plaisance, de Vénétie… et aussi d’Emilie, car ceux qui ont souffert du tremblement de terre dans cette région il y a quelques années ont ressenti un véritable appel à nous venir en aide. Il y avait une atmosphère merveilleuse, un réel soutien et c’est dans ce climat que j’ai lentement commencé à tout jeter, mais j’étais vraiment sereine. Déblayer la boue, c’est épuisant : au début on essaie de faire de son mieux, on se fatigue, mais au fur et à mesure on se rend compte que ce ne sont pas les choses, ni les objets qui font notre vie, mais tout le reste. Votre mari a également un restaurant… Oui. Il avait vu sur les caméras qu’il n’y avait heureusement pas d’eau, mais il fallait qu’il aille voir par lui-même. Un jour, il est parti à six heures du matin en pensant prendre l’autoroute, mais celle-ci aussi était fermée. Nous avons eu une idée : « Appelons le maire adjoint et disons-lui que s’il t’emmène avec la protection civile au restaurant, tu feras la cuisine pour tous ceux qui en ont besoin. » Il a accepté avec plaisir que nous nous mettions à son service, parce qu’il y avait beaucoup d’habitants évacués. Heureusement toutes les personnes handicapées ou âgées avaient été emmenées plus tôt et logées dans un hôtel très proche du restaurant de mon mari, mais dont les cuisines n’étaient pas en état de marche. Mon mari et deux employés ont donc passé une journée entière au restaurant, ils ont servi 700 repas entre le déjeuner et le dîner : pour cent personnes évacuées, pour les pompiers, la protection civile. Comme le restaurant se trouve sur la Via Emilia, un point de passage, beaucoup de personnes restées bloquées sur la route avaient dormi dans leur voiture sans manger et sont venues au restaurant pour demander de l’aide. Toute la région de Cesena et de Forlì était paralysée. Comment allez-vous vous organiser maintenant ? Pour l’instant, nous avons quitté la petite maison qui nous hébergeait. Nous allons déménager dans une maison que nous avons au bord de la mer pendant un certain temps, puis nous louerons un appartement pendant 18 mois en attendant de remettre notre maison en état. L’objectif est d’y rentrer en septembre 2024. Il y a ensuite beaucoup de points d’interrogation : y aura-t-il des entreprises en mesure de rénover toutes ces maisons car nous sommes très nombreux : 12 000 personnes ont perdu leur maison. 6 000 familles rien que dans notre ville, et certaines maisons, les plus anciennes, ont été déclarées inhabitables. Les habitations doivent maintenant être asséchées. Nous avons déjà tout démonté. Nous avions du parquet et nous l’avons enlevé, les faux plafonds du rez-de-chaussée se sont effondrés d’eux-mêmes lorsque l’eau est descendue et, avec l’aide de nombreuses personnes, nous avons au moins réussi à enlever les installations sanitaires. Maintenant, tous les matins nous allons ouvrir les fenêtres et le soir nous les fermons pour mettre en route le déshumidificateur. Heureusement, c’est l’été. Si c’était arrivé en automne, cela aurait été plus gênant. La solidarité continue-t-elle ? Absolument, et sous différentes formes. Par exemple, au début, nous pensions aller à la recherche d’une maison déjà meublée pour ne pas avoir à déménager deux fois, mais nous nous sommes rendu compte que les gens commençaient à donner beaucoup de choses : armoires, matelas, chambres, canapés. Nous avons choisi de prendre une maison vide pour commencer à l’aménager avec tout ce mobilier offert. Dans dix-huit mois nous ramènerons tout dans notre maison, sachant qu’à ce moment-là, il y aura certainement beaucoup d’autres priorités. Les gens sont vraiment heureux d’aider et je dois dire que cela a été une leçon pour moi. Je me souviens d’un jour, après la première inondation : ma maison était sens dessus dessous et ma machine à laver était en panne. Je me suis dit : « Je vais faire trois sacs, un avec du linge blanc, un avec du linge de couleur, un avec du linge sombre, et je vais au travail. » À la première collègue qui me demande « comment puis-je t’aider ? », je réponds « si tu es prête à tout, voici du linge à laver. » Le temps que j’arrive à l’école, tout était déjà distribué. Dans ce genre de situation, un lien plus fort se crée avec les personnes et surtout, je n’avais pas honte de demander de l’aide. Nous avons accepté ce qu’on nous donnait et je pense que c’est aussi une façon de faire de mes besoins en toute simplicité et de dire c’est bien ainsi, on s’aime comme on est. Un lien agréable s’est également créé avec les voisins. Nous habitons le quartier depuis quatre ans et demi, mais je n’étais jamais entrée dans autant de jardins de notre rue, parce que la vie est quand même trépidante, on court partout. Désormais les gens entrent, se saluent, s’entraident. Quelle phase s’ouvre maintenant ? La deuxième phase a débuté, celle de la création de comités de citoyens pour commencer à communiquer avec l’administration municipale. Je me serais retiré tout de suite pour diverses raisons, notamment parce que j’ai occupé certains rôles dans le passé, mais maintenant je suis au milieu du processus. Nous avons choisi de prendre une maison vide que nous pourrions commencer à redécorer avec cette providence et ensuite, dans 18 mois, tout ramener dans notre maison, aussi parce qu’alors il y aura certainement d’autres priorités. Les gens sont vraiment heureux d’aider et je dois dire que cela a été une leçon pour moi. Je me souviens d’un jour, après la première inondation, ma maison était sens dessus dessous et ma machine à laver était en panne. Je me suis dit : “Je vais faire trois sacs, un avec du linge blanc, un avec du linge de couleur, un avec du linge noir, et je vais au travail”. La première collègue qui me demande “comment puis-je vous aider ?”, je lui dis “si vous êtes prête à tout, voici les gants de toilette””. Je ne suis même pas arrivée à temps à l’école que je les avais déjà distribués. Dans ces cas-là, un lien plus fort se crée avec les gens et surtout, je n’avais pas honte de demander de l’aide. Nous avons accepté ce qu’on nous donnait et je pense que c’est aussi une façon de mettre à nu mes besoins et de dire c’est bon, on s’aime comme on est. Un lien fort sympathique s’est également créé avec les voisins. Nous habitons là depuis quatre ans et demi, mais je n’étais jamais entrée dans autant de jardins voisins, parce que la vie est quand même trépidante, on court partout. Mais désormais les gens entrent, se saluent, s’entraident. Quelle phase s’ouvre maintenant ? La deuxième phase a commencé, celle de la création de comités de citoyens pour commencer à communiquer avec l’administration municipale. J’aurais voulu me retirer immédiatement pour diverses raisons, notamment pour avoir tenu certains rôles dans le passé, mais je me suis rendu compte que sans trop m’exposer, en écoutant, en restant dans les réseaux, en aidant les responsables de ces comités, je pouvais apporter ma pierre à l’édifice. Je le dois à mes enfants qui me demandent encore : « Mais est-ce qu’il faut retourner vivre là-bas ? Est-ce qu’on va construire un escalier extérieur qui nous emmène sur le toit la prochaine fois ? » Il faut une citoyenneté active pour garder un œil sur la situation. J’ai senti que je devais aussi mettre mon expérience à disposition, sous les formes adéquates, en créant des liens autant que possible, parce qu’aujourd’hui, comme toujours lorsqu’il y a une reconstruction, la plus grande peur est de rester seul. Avez-vous de l’espoir ? Oui, tout à fait. L’autre jour, nous devions faire un petit cadeau à la dame qui nous a accueillis dans sa maison durant le premier mois, et comme Faenza est une ville connue pour ses céramiques, je lui ai offert un carreau à accrocher au mur avec la phrase « Les belles choses de la vie décoiffent ». Je me suis dit qu’il s’agissait d’une énorme épreuve. Il nous faudra peut-être du temps pour nous en remettre et nous nous en sortirons, mais j’ai le sentiment que je n’aurais pas pu vivre certaines expériences sans passer par cette période difficile. J’ai vraiment l’impression d’avoir atteint le stade où l’on regarde l’essentiel, ce qui compte. C’était terrible, mais je ne peux pas me contenter de penser à la catastrophe, au fait que l’eau a tout emporté et que tout finit là. Il y a beaucoup, beaucoup plus.
Maria Grazia Berretta Interview par Carlos Mana
Mai 24, 2023 | Non classifié(e)
Le mouvement des Focolari met en pratique les appels à la formation intégrale et continue des responsables des jeunes exprimés dans l’exhortation apostolique post-synodale “Christus Vivit” et dans le document final de l’Assemblée des Jeunes des Focolari. FormaT est un projet né en 2019 à la demande des jeunes du mouvement des Focolari pour la formation continue des animateurs en charge des nouvelles générations. Cette année-là, une représentation internationale de jeunes s’est réunie à Rome pour une assemblée de travail. Parmi les diverses indications qui se sont dégagées, deux points méritaient une attention particulière : fournir aux formateurs les outils pour accompagner les jeunes de manière intégrale et/ou s’ouvrir à des experts, en fonction des besoins ou des moments particuliers de la vie des jeunes, et apprendre aux formateurs à utiliser des méthodes et des langages innovants et attrayants pour la communication de la vie et la transmission du charisme de l’unité, en impliquant les jeunes dans leur contribution et leur retour d’information. Les jeunes ont donc demandé que les formateurs soient mieux formés, afin de les accompagner pleinement, avec des outils adaptés à l’époque actuelle et en utilisant des méthodes et des langages accessibles, actualisés et efficaces. Ces objectifs rejoignent pleinement les demandes également exprimées lors du Synode des Jeunes, recueillies dans l’Exhortation Apostolique post-synodale “Christus Vivit”, ainsi que le Pacte Educatif Global promu par le Pape François. C’est ainsi que le programme FormaT est né pour offrir une réponse concrète aux besoins des jeunes de différents pays et de l’Église. « Sagesse, passion, prière, créativité, ouverture, disponibilité, écoute et accompagnement par amour…autant de mots incisifs, essentiels, profonds ! Ils suffiraient à bouleverser notre manière de former et d’accompagner ! » – a déclaré Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, lors de la présentation de FormaT en mars 2023. « Accompagner et former sont deux aspects d’une même réalité, celle qui consiste à “marcher” ensemble. Être aux côtés des jeunes est avant tout une grande école de réciprocité, qui se fonde sur le don de soi par amour, qui ouvre les bras et le cœur à l’autre, dans une dynamique relationnelle qui favorise sa croissance sur le plan personnel et dans la relation avec les autres. Si nous consacrons du temps et de l’attention aux personnes, quelles qu’elles soient, nous réaliserons leur soif d’amour, de compréhension, de vérité et de témoignage dans la vie de tous les jours. » Et Jésus Morán, Coprésident du mouvement des Focolari, de souligner à cette occasion : « J’ai une longue expérience avec les jeunes, garçons et filles : comme professeur de philosophie et de religion, comme assistant, comme formateur en pastorale universitaire. Mais avant cela, j’ai été un jeune du Mouvement – dans mon cas un Gen – qui a reçu une formation. Et je me souviens bien du temps que mes assistants ont “perdu” avec moi. Des heures et des heures d’entretiens. (…) Un formateur doit être une personne très bien préparée, mais il ne doit pas compter sur sa préparation, mais sur sa vie. (…) Vous dites qu’un formateur a besoin de beaucoup d’union avec Dieu. Je personnaliserais un peu plus : il a besoin de l’humanité de Jésus, de son cœur, de son esprit, de ses mains. Parfois, je me dis qu’un bon formateur n’a besoin que de l’eucharistie quotidienne. Et ensuite, il s’en remet à Lui. » Le modèle FormaT FormaT est un modèle de formation qui repose sur trois piliers exprimés par 3 ‘T’ : ‘T’ = Trinitaire : une formation qui a l’empreinte et le style des relations réciproques inspirées par la vie d’un Dieu trinitaire. C’est une formation qui vise l’écoute, l’accueil, l’expérience performative et qui a pour règle de base l’amour concret et désintéressé (qui génère la réciprocité) ; ‘T’ = une formation intégrale : formation humaine, spirituelle, culturelle, ouverte et inclusive, qui vise à fournir les outils pour aborder les questions brûlantes d’aujourd’hui et pour grandir de manière intégrale ; ‘T’ = une formation qui n’est pas seulement théorique mais efficace et active, générant un impact positif et un changement chez ceux qui la reçoivent et dans l’environnement qui les entoure. La méthodologie de FormaT s’inspire principalement de la richesse de vie et de pensée présente dans la spiritualité de l’unité et de l’expérience vécue avec les jeunes depuis la création du Mouvement en 1943, en s’enrichissant également des expériences de chacun, de manière à faire ressortir les talents cachés chez les responsables de la formation et à ne pas gaspiller les dons présents chez ceux qui “ne sont pas habituellement sollicités”. Il s’agit d’une méthodologie inclusive, expérimentale, régénératrice et innovante.
Lorenzo Russo
Mai 23, 2023 | Non classifié(e)
Le 23 mai 2023 arrive le premier épisode de « Bénis soient les doutes», le nouveau podcast créé par les jeunes du mouvement des Focolari. Découvrons avec les créateurs, Tommaso Bertolasi et Laura Salerno, comment les doutes peuvent vraiment être une ‘’bénédiction’’ pour mieux nous connaître nous-mêmes et mieux connaître les autres. À quoi sommes-nous appelés ? Quel est le meilleur chemin à suivre face à l’un des nombreux carrefours que la vie nous propose ? Nous connaissons-nous nous-mêmes et, surtout, où se cache l’antidote contre les peurs ? Telles sont les questions qui submergent notre quotidien, selon les protagonistes de « Bénis soient les doutes », le nouveau podcast conçu pour les jeunes et par les jeunes, qui sortira le 23 mai en italien. Pour en savoir plus, nous avons décidé d’interviewer les créateurs de ce projet, amis de longue date, Tommaso Bertolasi, chercheur en philosophie à l’Institut universitaire Sophia (Loppiano – Florence), et Laura Salerno, jeune membre du mouvement des Focolari, étudiante en littérature et auteure. Laura, comment ce parcours a-t-il commencé ?
Tout a commencé en 2018. Tommaso et moi étions en Argentine et nous nous sommes rencontrés lors d’une conférence pour les jeunes du mouvement des Focolari. Lui, en tant que philosophe, avait été appelé comme orateur pour parler de la liberté. Je l’ai écouté et je l’ai beaucoup apprécié. Au fil des années, il a continué à dialoguer avec et pour les jeunes, à tel point qu’il a décidé d’en rassembler certains contenus dans un livre, intitulé « La dernière heure de la nuit », qui sera publié par Città Nuova en août 2023. Et c’est là qu’est née l’idée : « Mais si un livre sort, pourquoi ne pas faire aussi un podcast qui traite du même contenu ? » C’est ainsi qu’il y a quelques mois, j’ai reçu un appel téléphonique me proposant de l’aider à donner vie à ce projet. Tommaso, pourquoi un podcast ? Les idées sont parfois comme un cocktail : elles naissent de l’union de plusieurs choses. C’est ce qui s’est passé avec « Bénis soient les doutes ». À un moment donné, j’ai trouvé entre mes mains du matériel que j’avais préparé, souvent avec des jeunes, pour des réunions, des ateliers et des dialogues. D’où l’idée de ne pas limiter à l’espace d’une réunion des thèmes importants comme la liberté, les choix, la fragilité, la vocation, mais de pouvoir les offrir à tous. Il m’a semblé cependant que d’autres langages et d’autres lieux pouvaient être explorés, d’où le podcast. J’ai eu envie de créer un format plus adapté aux jeunes, qui ont désormais du mal à lire. Ou du moins, ils lisent après que vous les ayez convaincus que cela en vaut la peine. Dans tout ce travail, un élément supplémentaire a été donné par les JMJ, qui ont un peu dicté le timing de cette opération. J’ai pensé qu’il serait bon que le mouvement des Focolari fasse une proposition à ceux qui se préparent à aller à Lisbonne. Elle sera diffusée sur les principales plateformes de podcast (Spotify, Apple Podcast, Google Podcast) à raison d’un épisode par semaine pendant 6 semaines. Laura, à quelle tranche d’âge s’adresse-t-il ? Plus précisément, nous avons pensé au public cible des 18-30 ans, et c’est pourquoi les thèmes principaux sont les questions, la fragilité, la liberté, les relations, et la recherche de sa place dans le monde. Tout en essayant de voir le doute comme une chose positive, comme un tremplin pour vivre plus profondément et avec plus de conscience ce qui nous arrive.
Tommaso, comment avez-vous choisi les thèmes de chaque épisode ? Mon idée initiale était de reproduire le contenu du livre, en en faisant une sorte de paraphrase. Cependant, en travaillant avec Laura, je me suis rendu compte que ses questions entraînaient la conversation sur un autre terrain, que les jeunes auxquels elle pensait étaient aussi ses camarades d’université qui ne s’identifiaient pas nécessairement à une croyance religieuse particulière. J’ai compris que Laura se posait des questions profondes qui étaient en partie les siennes, en partie le reflet de son monde relationnel : c’est de ces questions qu’il fallait partir pour tisser un discours que l’on peut faire passer à de jeunes adultes. Quel a été, pour vous, Laura, l’épisode le plus compliqué ? Je pense que l’épisode le plus compliqué a été le premier. Nous étions tous les deux un peu émotionnés, puis nous avons dû présenter le podcast, expliquer clairement pourquoi nous pensons qu’il est si important de poser des questions, mais pas de vivre dans l’anxiété et d’être submergés par la paranoïa. Ce qui est amusant, c’est que lorsque nous avons enregistré les premiers épisodes, j’avais très froid et j’avais eu de la fièvre quelques jours auparavant. Tout arrive toujours au bon moment ! Mais nous avons réussi, notamment grâce à la super équipe qui nous a soutenus pendant l’enregistrement. Tommaso, quelle contribution votre expérience personnelle a-t-elle apportée à la réalisation de ce projet ? J’ai beaucoup appris de toutes les personnes qui ont travaillé sur ce projet avec des compétences différentes. La réalisation de «Bénis soient les doutes » a vraiment été une opération collective. Pour être tenus au courant des autres projets que nous sommes en train de préparer, restez à l’écoute des canaux du mouvement des Focolari. Nous attendons également vos réactions après l’écoute, dans les box de Spotify, sur nos réseaux sociaux (@Y4UW et Movimento_dei_focolari) ou par courriel (ufficio.comunicazione@focolare.org).
Maria Grazia Berretta
Mai 19, 2023 | Non classifié(e)
La Coordination Urgences du Mouvement des Focolari a lancé une campagne extraordinaire de collecte de fonds pour soutenir la population d’Émilie-Romagne et des Marches, deux régions du Centre-Nord de l’Italie touchées par de graves inondations, par l’intermédiaire des ONG Action Monde Uni (AMU) et Action Familles Nouvelles (AFN). Les contributions versées seront gérées conjointement par AMU et AFN afin de démarrer des actions de reconstruction (de nombreuses personnes ont subi des dégâts à leurs maisons, meubles, voitures – essentielles pour le transport et les activités professionnelles -, ainsi que des dommages considérables aux élevages et aux cultures…). Vous pouvez faire un don aux adresses suivantes : AMU: www.amu-it.eu/dona-online-3/ AFN: www.afnonlus.org/dona/ ou par virement bancaire sur les comptes suivants : Action Monde Uni ONLUS (AMU) IBAN : IT 58 S 05018 03200 000011204344 à Banca Popolare Etica Code SWIFT/BIC : ETICIT22XXX Action Familles Nouvelles ONLUS (AFN) IBAN : IT 92 J 05018 03200 000016978561 avec Banca Popolare Etica Code SWIFT/BIC : ETICIT22XXX Motif de paiement : Urgence Émilie-Romagne et Marches Des avantages fiscaux sont disponibles pour ces dons dans de nombreux pays de l’Union Européenne et dans d’autres pays, selon les différentes réglementations locales. Les contribuables italiens pourront obtenir des déductions et des exemptions sur leurs revenus, conformément à la réglementation relative aux organisations sans but lucratif.
Mai 19, 2023 | Non classifié(e)
Nous sommes arrivés à l’étape australienne du voyage de Margaret Karram et Jesús Morán, Présidente et Coprésident du Mouvement des Focolari, un continent aux richesses culturelles extraordinaires et une famille des Focolari diversifiée et multiculturelle.
Depuis Suva jusqu’à Sydney
Au cours de ce voyage, Margaret Karram et Jesús Morán ont fait des sauts spectaculaires : il suffit de penser au “saut” entre le Japon et les îles Fidji. Il en a été de même avec le vol du 9 mai vers l’Australie, où les villages de pêcheurs de la côte sud des îles Fidji ont soudainement cédé la place au joyau scintillant qu’est la ville de Sydney. Les lumières de son port emblématique brillaient tandis que notre avion survolait la ville, qui affichait fièrement sa beauté.
Dans cette métropole multiculturelle, la communauté locale des Focolari (elle aussi) très diversifiée, nous a accueillis dans de nombreuses langues. Ils viennent de Corée du Sud, des Philippines, de Chine, de Hong Kong, du Liban, du Soudan, d’Irak, de Syrie, du Bangladesh, du Brésil et, bien sûr, d’Australie. Ils sont catholiques, melkites, chaldéens, anglicans ; les Focolari de Sydney suivent également les villes de Brisbane, Canberra, la capitale australienne, et les régions environnantes.
Rencontre avec l’archevêque de Canberra
À chaque étape, le contact avec l’Église locale est toujours une priorité. Au cours d’une rencontre profonde et pleine d’humour, Mgr Christopher Prowse, actuel archevêque de Canberra, a évoqué la vie de Mary MacKillop, la première sainte d’Australie. « Si Mary Mackillop vivait aujourd’hui, elle se sentirait très à l’aise avec les Focolari », a déclaré l’archevêque, soulignant ses efforts en faveur du dialogue entre les religions. Il nous a conduits sur sa tombe et a prié pour que, comme elle, le charisme de l’unité fleurisse comme une rose et diffuse son parfum dans toute l’Australie.
L’art, porte ouverte sur la culture aborigène
L’art ouvre toujours une fenêtre importante sur une culture indigène, mais pour comprendre ce que l’on regarde, la présence d’un guide est essentielle. Alexandra Gaffikin, une volontaire anglaise qui vit à Sydney et possède une grande expérience des musées et du patrimoine, nous a accompagné à une exposition d’art aborigène contemporain à la galerie d’art de New South Wales (Nouvelle-Galles du Sud).
Les peintures sur écorce sont bien plus qu’une peinture, par exemple, elles représentent des histoires, mais aussi des cartes, des titres de propriété et même des règlements. Elles peuvent être tridimensionnelles, avec en dessous des strates qui peuvent même révéler des sources d’eau souterraines. Dans la culture aborigène, ces œuvres d’art, peintes à l’origine sur le corps humain, sont des collections vivantes qui se transmettent depuis des millénaires.
Une visite à Sydney
Malgré leur emploi du temps chargé, Margaret Karram et Jesús Morán ont réussi à trouver le temps de visiter Sydney, en embarquant à bord de l’un des nombreux ferries à destination de Circular Quay et de l’emblématique Opéra. La vue est spectaculaire !
Des cultures différentes, la nouveauté de cheminer ensemble
Cette visite a été l’occasion pour les focolarini de toute la Zone – y compris de Perth, de Wellington en Nouvelle-Zélande et des îles Fiji – de se réunir pour quelques sessions significatives. C’est une période de réorganisation pour le Mouvement et, par voie de conséquence, des cultures très différentes (pensez à la Corée, au Japon et à la zone de langue chinoise, par exemple) se retrouvent à travailler directement ensemble.
« Je pense que jusqu’à présent, nous n’avons pas compris les aspects positifs de tout cela, même si ce processus n’a pas été facile. Je pense que nous en verrons les conséquences dans quelques années, car cela nous aide à faire tomber vraiment toutes les barrières… avant tout dans nos cœurs, et les barrières entre les nations… »
« Si nous voulons la paix, nous devons d’abord la vivre entre nous, focolarini, et entre les communautés. Nous devons regarder les autres pays comme s’ils étaient les nôtres et découvrir que nous pouvons être cette ‘’famille interconnectée’’ (…). »
« Nous ne devons pas donner aux autres notre richesse, mais les aider à découvrir la leur. »
Margaret Karram
Une présence spéciale, malgré les défis de santé
Un moment particulièrement significatif a été celui où trois focolarines mariées, gravement malades, ont pu à distance saluer tout le monde
« Je veux tout simplement vous assurer de mon unité , a dit l’une d’elles. Je m’étais inscrite et j’étais prête à venir, mais j’ai dû changer mes plans, parce que Dieu m’avait réservé quelque chose de différent. »
« Je sens que je suis là où Dieu veut que je sois, même si ce n’est pas là où je voudrais être », a déclaré une autre.
« Physiquement, je ne peux pas courir, a déclaré la troisième, mais j’ai en moi un grand désir de le faire, je suis tellement émue. L’enthousiasme n’a pas d’âge. »
La bienvenue en Australie
La culture aborigène en Australie est la plus ancienne au monde, sans interruption ; elle remonte à au moins 60 000 ans. Le protocole approprié pour tout événement ou rassemblement en Australie prévoit de commencer par un « Bienvenue dans le pays » de la part d’un ‘’ancien’’, un aborigène, ce qui constitue une reconnaissance formelle des gardiens traditionnels de cette terre.
Lorsque la communauté des Focolari s’est réunie de toute l’Australie, nous avons eu le privilège de compter parmi nous Ali Golding, connue sous le nom de “Tante Ali“, qui a donné la bienvenue à tous. C’est une ‘’ancienne’’ du peuple Biripi, qui a grandi dans une mission aborigène. Pendant plus de 20 ans, elle a ensuite vécu dans une banlieue de Sydney et, dans les années 1980, Ali a été l’une des premières assistantes d’éducation aborigène. En 2004, elle a obtenu un diplôme en théologie.
Elle a participé à différents forums locaux, nationaux et internationaux, dont le New South WalesReconciliation Council et Australians for Native Title and Reconciliation. Une grande contribution pour la compréhension et l’approfondissement de la culture et de l’histoire indigènes.
La présence d’Ali à notre événement a certainement renforcé l’appréciation de ce “trésor national” et du riche patrimoine aborigène. « C’est l’un des accueils les plus chaleureux qu’il m’ait été donné de vivre », a déclaré Ali Golding, « Ici, j’ai ressenti l’esprit du Créateur. »
La meilleure rencontre de tout le voyage (jusqu’à présent)
Margaret Karram et Jesús Morán ont eu une rencontre dynamique et profonde avec une trentaine de 30 jeunes. Lorsqu’on leur a demandé de parler des défis qu’ils ont à relever, ils n’ont pas hésité à parler ouvertement de l’indifférence à laquelle ils sont confrontés chaque jour avec les jeunes de leur âge. Ils ne sont pas nombreux et les distances sont énormes.
Margaret Karram a raconté ses premières années de vie Gen à Haïfa avec sa sœur et comment ils ont commencé à quelques-uns, recevant le ‘’journal Gen’’ par la poste. Elle était fière de leurs débuts et a déclaré qu’elle était tout aussi fière d’eux qui étaient là et avaient persévéré dans leur vie Gen.
Jesús Morán a également encouragé les jeunes, les rassurant sur le fait qu’il est positif de partager ses difficultés. « Cette rencontre a été la meilleure de tout le voyage – a-t-il déclaré à la fin -, je l’ai beaucoup appréciée. »
Une riche expérience
Interrogés sur la manière dont ils vivent le dialogue et la fraternité dans des situations de conflit, Rita Moussallem et Antonio Salimbeni, Conseillers au Centre International pour l’Asie et l’Océanie, se sont appuyés sur leur expérience personnelle.
« Dans mon expérience de dialogue avec des personnes d’autres religions, a raconté Antonio, j’ai compris que nous allons ensemble vers Dieu. » Et Rita : « Le dialogue est une rencontre. Ce qui est vraiment important, c’est de rencontrer l’autre et de découvrir que l’amour chasse la crainte. »
Apprendre le “bodysurf” (spirituel)
Le surf est l’un des sports nationaux en Australie et il est très pratiqué aussi sur la côte de Sydney, où jeunes et moins jeunes enfilent des combinaisons, prennent leur planche et s’élancent à l’assaut des vagues. Le “bodysurfing” est également très populaire : les personnes surfent sur les vagues de l’océan, mais sans planche. Un spectacle extraordinaire !
Mais pour arriver là où se trouvent les meilleures vagues, il faut d’abord affronter les vagues puissantes qui se dressent contre nous : celles que nous voudrions éviter, celles pour lesquelles nous ne sommes pas prêts.
« Quelqu’un m’a expliqué la dynamique de ce sport et cela m’a tout de suite rappelé notre amour pour Jésus abandonné », a déclaré Margaret.
Ceux qui pratiquent le bodysurf plongent en profondeur sous les vagues déferlantes qu’ils ne veulent pas chevaucher, si profond qu’ils arrivent à toucher le sable sur le fond. Ils évitent ainsi d’être emportés par la puissance de l’océan. Une fois la vague passée, ils remontent à la surface pour trouver une autre vague sur laquelle s’élancer.
« De même qu’ils ne luttent pas contre les vagues, de la même manière on ne “combat pas les épreuves”, mais on va au fond de son cœur, reconnaissant Jésus dans chaque souffrance ; et, continuant à L’aimer, on remonte, trouvant à travers l’amour, la lumière. »
T. M. Hartmann
Mai 19, 2023 | Non classifié(e)
Dans ces paroles de saint Paul, la fraternité est un appel au bien, à vivre la grâce de notre baptême, et cet ADN d’amour divin nous permet de regarder l’existence de l’autre comme un don précieux pour nous. La bonne note J’étais en troisième année de lycée et une interrogation importante m’attendait en cours de physique. J’ai commencé à réviser avec acharnement, certaine d’être interrogée le lendemain (j’étais la seule de toute la classe à ne pas avoir de note en fin de trimestre). Peu après, ma petite sœur est venue me demander de l’aide pour ses leçons. J’ai d’abord résisté, mais peu de temps après, je me suis souvenue de ce que saint Paul recommande : réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez avec ceux qui pleurent. J’ai donc commencé à étudier avec elle. Il lui a fallu tout l’après-midi pour se sentir prête, et j’ai à peine pu ouvrir mon livre de physique. Le lendemain, je suis allée à l’école avec appréhension, mais convaincue que Dieu interviendrait d’une manière ou d’une autre. Le professeur entre et commence à interroger d’autres camarades de classe. À la fin du cours, je lui demande pourquoi il ne m’a pas appelée. Il regarde le registre et me dit : « Mais tu as déjà ta note et c’est une bonne note. » Je savais très bien que je n’avais jamais été interrogée, il l’avait donc peut-être inscrite lors d’une intervention que j’avais faite. (S.T. – Italie) Comment aborder la journée Un homme en fauteuil roulant mendiait devant les chariots du supermarché. En sortant, je me suis approchée de lui et, après avoir échangé quelques mots avec lui, je l’ai invité à choisir parmi mes achats ce dont il avait besoin. Heureux, il a pris quelque chose et s’est immédiatement mis à manger. En le saluant, j’ai ressenti en moi une joie qui m’a aidée à relever les défis d’une journée qui avait péniblement commencé. À partir de ce simple fait, j’ai compris que débuter la journée par un acte d’amour concret est une bonne chose. Je m’y suis engagée en surmontant de nombreuses habitudes et en surprenant non seulement mon mari, mais surtout nos enfants qui ne tiennent pas compte de ce qu’ils reçoivent parce qu’ils pensent que tout leur est dû. Un soir, grand silence dans la famille après avoir appris qu’un oncle était atteint d’une grave maladie. Notre fils aîné, qui étudie à l’université, demande ce que nous pourrions faire pour lui. Et notre petite dernière de lui répondre : « Il faut faire comme maman qui met de l’amour dans tout ce qu’elle fait. C’est ainsi que nous découvrirons ce dont il a besoin. » (L. D. F. – Hongrie) Adèle Bipolarité… Je n’aurais jamais imaginé qu’Adèle, ma chère camarade de classe, était atteinte d’une maladie aussi grave. C’est sa mère qui me l’avait expliqué. Après un séjour à l’hôpital, certains jours où son équilibre semblait instable, elle ne comprenait pas elle-même ce qui lui arrivait. Les médicaments devaient trouver leur juste dosage et cela prenait du temps. Mais mon affection et mon estime pour elle sont restées les mêmes. J’ai été surprise le jour où elle m’a demandé de prier le chapelet. Il semblait qu’en priant elle était parfaitement concentrée. À partir de ce jour, nous avons commencé à lire des livres de spiritualité ou des histoires au contenu positif. J’avais l’impression que mon amie comprenait tout plus profondément que moi. Lorsque nous abordions certains sujets, je voyais en elle un altruisme sans limite. Ensemble, nous avons rejoint un groupe de bénévoles au service des pauvres. Adèle a retrouvé sa forme, son équilibre, son courage. Plus que quiconque, elle savait être proche de ceux qui étaient dans le besoin. L’expérience vécue avec elle m’a clairement montré que le véritable épanouissement de la personne se réalise dans la fraternité en acte. (P.A.M. – Italie)
Propos recueillis par Maria Grazia Berretta
(Extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année IX – n° 1 mai-juin 2023)